• François DesRosiers

L'art de la photographie de nu



Photographier le nu est un art particulier, sensible et délicat. Il y a plusieurs sortes de photographie de nu, comme il a différentes musiques. Pour faire du nu, il faut avoir un modèle et un photographe, à moins de faire de l'autoportrait, ou l'on devient à notre tour modèle. Je vais rester dans la situation où il y a deux personnes différentes ,ce qui est plus mon cas. Les occasions, où je me suis servi de modèle, en étaient de désespéré et d'expérimentation. J'aurais préféré avoir une autre personne que moi devant mon objectif.


Donc, il faut avoir un modèle consentant et inspiré pour réussir une belle séance de photo. J'ai eu le privilège de travailler avec des modèles très différents depuis le début de ma pratique photographique. J'ai mes préférences et elles sont très variées. La principale, c’est que mon modèle ait le goût de réaliser de belles photos, de faire de la création artistique avec moi. Ensuite, j'aime travailler avec des personnes intéressantes et cultivées avec un bon sens de l'humour et de l'humilité. Je ne cherche pas les grosses...têtes. Je préfère les petites bien tournées qui sont là pour avoir du plaisir et participer à un exercice de forme lumineuse. Il ne faut pas oublier que la photographie, c'est écrire avec la lumière.


J'aime écrire et la lumière me donne la chance de le faire à ma façon, avec mes mots . Le nu me permet d'exprimer une vision de liberté de mon langage photographique. J'essaie de faire de la poésie avec des corps qui sont uniques à chaque fois qu'ils se retrouvent à participer à mes photos. Je travaille souvent avec les mêmes modèles et c'est incroyable, comment elles se transforment avec le temps. Elles gagnent en maturité , en assurance et parfois en pudeur. L'âge se transpose différemment d'une personne à l'autre.


Il y a toujours une première fois entre nous. C'est souvent particulier, il faut se découvrir et savoir ce qui convient aux deux. Il y a des fois où le modèle est gêné et d'autres où c'est moi. Enfin de ces fois où tout va bien et que le confort et la confiance règne au premier clic. Il y a tout de même un moment de découverte réciproque. Je commence normalement tranquillement par des portraits simples du visage, je teste mes éclairages afin de voir si les idées que j'avais en tête donnent de bons résultats. J'essaie en infrarouge, en couleur, en noir et blanc. J'ai fait du nu avec tout les formats d'appareils, du 35 au 8x10 et maintenant en numérique avec aussi une grande variété de caméras différentes. Mon travail chez Lozeau me le permet et je dirais même me le demande. J'aime bien savoir de quoi je parle quand je conseille un appareil photo.


Comme je le disais, il y a toujours une première fois et je ne suis pas toujours le premier photographe pour un modèle et c'est très bien ainsi. Ça devrait du moins l'être. Le nu est en effet particulier pour un modèle et les motivations bien différentes pour chaque personne. Pour ma part, il m'importe que le travail de création que je fais avec elles, les satisfasse et les rendre fiers d'elles. La première fois, c'est souvent par défi envers elles-mêmes, Ça arrive souvent à la majorité, le dernier pas vers la liberté. C'est une façon de se prouver quelque chose. C'est aussi parfois pour répondre à une demande que je leur ai déjà faite. Dans ce cas, l'approche est bien différente. Il y a encore plus de délicatesse dans le déroulement de la session. Le "non" est toujours possible et accepté, les autres fois aussi. Un oui, ne veut pas dire oui pour toujours. Encore une fois, la photographie de nu est bien différente de celle de paysage nordique. Il y a toujours l'autre qui fait le tout de cette création. Après plusieurs sessions, on se connaît mieux et on peut essayer différentes choses, raffiner des poses et des éclairages. Reprendre certaines photos qui n'étaient pas complètement à notre goût ou simplement pour voir le "si" de plus.


Chaque corps est unique et chaque tonalité de peau l’est aussi. C’est ce qui est si extraordinaire quand je découvre un nouveau canevas, une nouvelle toile, un papier fin prêt à recevoir cette charge de reflet de nous-même. C’est souvent l’impression que procure une photo ou une peinture de nu. C’est si relatif l’interprétation d’un nu. Il est artistique, sensuel, érotique, pornographique, ésotérique, choquant, invitant, frustrant, blessant, réconfortant, inspirant, délivrant, bref, tout ce qui nous touche. C’est ce qui fait sa particularité et son universalité. Depuis que l’humain transpose ses sensations par des formes artistiques, le nu en fait partie.


J’ai découvert plusieurs choses en photographiant des gens nu, bien plus que l’école n’a pu m’en apprendre. L’école et les livres, la famille et les amis et tout ça réunis, à fait de moi, ce que je suis en partie. Je continu mes recherches artistiques et philosophiques du mieux que je peux et j’espère le faire jusqu’à mon dernier souffle. J’y vois la liberté qui s’y rattache dans le fait de vouloir ou non être nu ou poser nu. Les deux sont parfaits lorsqu’ils sont volontaires et libres. Je ne prétends pas que le nu est mieux. Je dis qu’il est bien quand on est bien avec, devant comme derrière.


Ce que je vous présente est une partie de ma liberté et de ma vision de l’humain. L’humain nu et égal dans toute sa différence.


Prenez ce qui est bon pour vous.

Merci


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